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06/04/2019 
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Simetierre : parfois il y a pire que la mort






Stephen King est sans nul doute l'auteur contemporain le plus adapté au cinéma et à la télévision, à tel point que la plupart de ses ouvrages ont déjà été adaptés et les plus connus ont même eu droit à de nouvelles adaptations (Shining : Les Couloirs de la peur, Carrie, la vengeance, Ça,...).


Après le succès mondial au Box Office il y a 2 ans de "Ça, 1ère Partie" - devenu le film d'horreur et le film fantastique le plus rentable de l'histoire du cinéma en détrônant au passage "L'Exorciste" & "Sixième Sens"- il n'est pas étonnant de voir plusieurs studios vouloir surfer sur la vague Stephen King et par la même occasion tenter de remplir le tirroir caisse. C'est notamment le cas de la Paramount, qui 29 ans après l'adaptation de "Simetierre" par Mary Lambert, sort une nouvelle adaptation du roman roman éponyme de Stephen King.




Mais alors « Simetierre », de quoi ça parle?

La famille Creed (Louis, médecin, sa femme Rachel, leur fille Ellie, le bébé Gage et leur chat, Church) viennent emménager dans la petite ville de Ludlow, dans une grande maison ancienne. Louis fait la connaissance du vieux Jud Crandall, son voisin d'en face, qui lui montre le quartier et particulièrement un petit cimetière aux animaux avec sa pancarte mal orthographiée créé par les enfants de la ville. Un jour, le chat se fait écraser. Creed décide de l'enterrer avant que les enfants ne découvrent le désastre, et demande de l'aide à Jud. Pendant qu'ils enterrent le chat, le vieil homme lui raconte à demi-mots une légende qui court sur ce cimetière. Puis le chat revient. Vivant. Mais pas tout à fait le même. Et c'est alors qu'un nouveau drame surgit dans la famille Creed.

Au niveau de la VF de « Simetierre » (enregistrée aux Studios de Saint-Ouen sous la direction de Isabelle Brannens et la plume de Sylvestre Meninger), vous pourrez entendre :
  • Boris Rehlinger, qui double Jason Clarke (Louis Creed)
  • Christèle Billault, qui double Amy Seimetz (Rachel Goldman-Creed)
  • Jean-Jacques Moreau, qui double John Lithgow (Jud Crandall)
  • Hannah Vaubien, qui double Jeté Laurence (Ellie Creed)
  • Jhos Lican, qui double Obssa Ahmed (Victor Pascow)
  • Ulysse Esthève-Dalric, qui double Hugo & Lucas Lavoie (Gage Creed)
  • Françoise Pavy, qui double Suzi Stingl (Norma)

Les Voix Additionnelles sont assurées par : Lucille Boudonnat, Kaycie Chase, Antoine David-Calvet, Carole Franck, Nastassja Girard, Nathalie Kanoui, Mathilde Sagnier.



Décevante, fade, et sans saveur, cette nouvelle adaptation du roman de Stephen King passe complètement à côté de son sujet. Et malgré quelques allusions à Cujo, Ça ou Shining, le film se contente de survoler grossièrement - ou parfois même faire abstraction totale - des 7 étapes du deuil et l’acceptation de la perte de l’être aimé (thèmes pourtant essentiels dans le roman) pour finir dans un 3ème acte à mi-chemin entre le mauvais slasher et le nanar faisant rire à ses dépends.



Il est donc surprenant après avoir lu le roman  et vu cette nouvelle adaptation de découvrir les propos de Stephen King qui confie à EW : "Le film est fucking great! C'est vraiment un bon film. C'est mature, c'est un film d'adultes. Ce n'est pas des teens de 12 ans se faisant tuer dans un camp de vacances. Récemment, plusieurs films d'horreurs adultes ont eu du succès. Comme Get Out de Jordan Peele l'année dernière et US, qui est énorme. Ce sont des fantaisies pour adultes".




Des propos pour le moins étonnants, quand on sait que Stephen King ne cesse depuis maintenant 39 ans de taper dès qu’il le peu sur l’adaptation de "Shining" par Stanley Kubrick, notamment lors d’une interview au magazine Rolling Stones en Novembre 2014.

«Le livre est chaud, le film est froid ; le livre finit en flamme, le film finit dans la glace. Et il est misogyne. Dans mon livre, il y a un déroulement narratif où Jack Torrence essaie d'être bon, et c'est petit à petit qu'il arrive à un stade de folie» explique-t-il à Rolling Stone. En ce qui me concerne, quand j'ai vu le film, Jack m'a paru fou dès la première scène. Bien sûr, j'ai dû me taire à l'époque. Jack Nicholson assistait aussi à l'avant-première.»



 Ou encore en déclarant - toujours à propos de Shining de Stanley Kubrick - en 2013 à la BBC :
« J’ai un profond dégoût pour le personnage que joue Shelley Duvall devant la caméra de Stanley Kubrick, elle apparaît affirmant seulement à l'écran pour rugir et avoir l’air stupide, elle n’a strictement rien à voir avec la femme décrite dans mon ouvrage. Shelley Duvall est une régression pour les droits des femmes ».



Un rejet de l'oeuvre, qui poussa l'auteur à produire une nouvelle adaptation de son roman en 1997 avec la mini-série "Shining : Les Couloirs de la peur".



"Parfois il y a pire que la mort", c'est bien vrai, et le visionnage de cette nouvelle adaptation de « Simetierre » le prouve. Et à défaut de vous conseiller d'aller voir ce film en salle, nous vous invitons plutôt à découvrir ou redécouvrir le roman de Stephen King ou l'adaptation de l'auteur mis en scène par Mary Lambert datant de 1990.

       
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